Numériser de vieux albums photo sans les abîmer
Albums épais, pages fragiles, photos collées : voici comment les scanner ou les photographier, avec les bons réglages et des noms de fichiers faciles à retrouver.

Au grenier, chez ta mère, il y a une pile d'albums. Des pages noires avec des légendes au crayon blanc, un album de naissance fermé par un ruban, un carnet de vacances des années soixante-dix sous film plastique. Toute la famille aimerait les avoir, et il n'en existe qu'un exemplaire de chaque. La numérisation règle ce problème, mais seulement si tu t'y prends de façon à ne pas abîmer les albums et à garder des fichiers encore utilisables dans vingt ans.
Pourquoi les vieux albums sont délicats
Une photo seule, tu la poses sur un scanner et c'est fini. Un album, c'est une autre histoire. Le dos est souvent rigide, voire déjà cassé, et si tu presses un gros livre à plat sur la vitre, tu sens la reliure craquer. Les pages en vieux papier acide sont cassantes et se déchirent sur les bords.
En plus, les photos sont souvent fixées. Avec de la colle, avec des coins photo qui se dessèchent, ou sous le film d'un album autocollant, qu'on appelle aussi album magnétique. Avec ce dernier type, la colle a souvent tellement durci au fil des années que la photo ne se détache plus sans dégâts. Et dans les vieux scrapbooks, il y a parfois des coupures de journaux, des cartes et des fleurs séchées si épaisses que la couverture ne ferme même plus.
Il ne s'agit donc pas de tout passer vite fait au scanner. Regarde d'abord, album par album, ce qu'il peut supporter.
D'abord la page entière, ensuite les photos
Quelle que soit ta méthode, commence par une prise de vue de chaque page complète. Tu gardes ainsi la mise en page telle que son auteur l'a imaginée : quelles photos vont ensemble, les légendes écrites à la main, les cartes glissées entre elles. Si quelque chose tourne mal plus tard en détachant ou en déplaçant une photo, tu auras au moins une trace de l'état d'origine.
Ensuite, quand c'est possible, fais des prises de vue séparées des photos importantes. Elles te serviront pour les imprimer, les agrandir ou les intégrer à un nouvel album.
Scanner ou photographier
Un scanner à plat donne l'image la plus nette et la plus homogène. Il est idéal pour les photos seules, les pages volantes et les albums à reliure amovible, comme les albums à vis ou les classeurs à anneaux dont tu peux retirer les feuilles. Pose alors la feuille sur la vitre, pas le livre entier.
Pour les albums épais, reliés ou fragiles, il est plus sûr de les photographier. L'album reste posé, seul l'appareil bouge. Voici comment faire :
- Pose l'album sur une table près d'une fenêtre, avec une lumière latérale. Le soleil direct crée des ombres dures et des reflets.
- Soutiens le livre ouvert avec une petite serviette roulée ou un coussin sous la couverture, pour que le dos n'ait pas à s'ouvrir complètement à plat.
- Place l'appareil photo ou le téléphone bien à la verticale au-dessus de la page, de préférence sur un trépied. Un angle de travers déforme les images.
- Retire le plastique de la page s'il s'enlève sans effort. S'il est collé, photographie avec un angle suffisant pour éviter les reflets et corrige la perspective après coup.
- N'utilise pas de flash.
Pour un usage familial, un téléphone récent donne de très bons résultats. Un hybride ou un reflex offre plus de détails, ce que tu remarqueras si tu veux agrandir une photo plus tard.
Une page de 30,5 × 30,5 cm (12 × 12 pouces) ne tient pas sur un scanner A4 classique. Tu peux la scanner en deux fois et assembler les deux parties ensuite, mais cela demande une certaine aisance avec les logiciels photo. La photographier est alors souvent plus simple.
Résolution et format de fichier
Pour un scan, la résolution s'exprime en dpi (ou ppp), le nombre de points par pouce. Pour une impression en taille réelle, 300 dpi suffisent. Si tu veux un jour imprimer une photo en plus grand ou zoomer sur les visages, scanne plus haut : 600 dpi est un bon choix pour la plupart des photos. Les toutes petites photos, comme les tirages contact des vieux albums, se scannent à 1 200 dpi ou plus. Tu peux monter encore, mais les fichiers deviennent alors si lourds que ton ordinateur risque de peiner.
Quand tu photographies, ce n'est pas le dpi qui compte, mais le nombre de pixels. Remplis le cadre au maximum avec la page ou la photo : c'est comme ça que tu tires le meilleur de ton appareil. Pour une photo importante, fais plutôt une prise de vue séparée de près que de la recadrer plus tard dans une photo de page.
Pour le format de fichier, tu as deux bonnes options :
- Le TIFF conserve tout, sans perte de qualité. Les fichiers sont lourds, mais c'est ton original numérique, le fichier auquel tu ne touches plus jamais.
- Le JPEG est plus léger et fonctionne partout. Choisis la qualité maximale, au moins 90 %. Ne réenregistre pas un JPEG encore et encore après retouche : à chaque fois, tu perds un peu de qualité.
Convertir un JPEG en TIFF après coup ne l'améliore pas. Fais donc ton choix dès le départ. Une méthode courante consiste à garder un original en TIFF ou en JPEG de qualité maximale, et à côté une copie plus légère pour partager.
Si tu retouches les photos, par exemple pour les recadrer, les redresser ou raviver les couleurs, fais-le sur une copie. Laisse l'original tel qu'il est sorti du scanner.
Retirer les photos ou les laisser en place
Ne détache que les photos qui viennent facilement, comme celles glissées dans des coins ou dans des pochettes. Tout ce qui est collé, laisse-le simplement en place pour la numérisation. Décoller prend du temps et il arrive que ça tourne mal ; c'est un chantier à part, pour plus tard et avec patience.
Si tu retires des photos de l'album, regarde d'abord au dos. On y trouve souvent des noms, des dates ou le tampon du photographe. Scanne ou photographie aussi ce verso, car ces informations font partie de la photo. Et remets ensuite chaque photo exactement à sa place, si l'ordre compte pour l'histoire.
Pense aussi que l'album a une valeur en lui-même. Le choix des photos, les légendes dans une écriture familière, l'ordre : tout cela se perd si tu démontes tout.
Des noms de fichiers faciles à retrouver
Un dossier rempli de fichiers nommés IMG_4032 devient inutilisable au bout d'un an. Choisis à l'avance une structure fixe et tiens-t'y. Un système qui marche bien :
- Un dossier par album, avec un nom parlant, par exemple album-oma-annie-1955-1965.
- Des fichiers numérotés dans l'ordre des pages, avec le nom de l'album : oma-annie-p012.tif pour une page entière, oma-annie-p012-03.tif pour la troisième photo de cette page.
- Commence par l'année si tu la connais, comme 1962-strand-scheveningen-p012-03.tif. Les fichiers se trient alors d'eux-mêmes par date.
Utilise des minuscules, des tirets au lieu des espaces, et évite les caractères comme les barres obliques ou les deux-points. Ils posent problème plus tard sur d'autres ordinateurs.
Les légendes manuscrites et ce que tu sais d'une photo peuvent aller dans la description du fichier, les métadonnées. Beaucoup de logiciels photo ont un champ prévu pour ça. Tu peux aussi tenir un simple fichier texte dans le dossier, avec pour chaque nom de fichier qui figure sur la photo et ce que tu en sais. Demande aux membres plus âgés de ta famille de regarder avec toi tant que c'est encore possible : ce sont souvent eux qui savent qui sont les personnes sur les photos.
Garde tout à plus d'un endroit
Un scan sur un seul ordinateur portable est aussi vulnérable que l'album au grenier. Fais en sorte que tes fichiers soient à au moins deux endroits, par exemple sur un disque dur externe et dans le cloud, et idéalement une copie hors de chez toi. Une copie chez un frère ou une sœur, ça compte aussi. Vérifie de temps en temps que les fichiers s'ouvrent toujours.
Si tu veux aussi voir les pages sous forme de livre sur une étagère et les partager avec qui tu veux, une appli comme Scrappd est faite pour ça.
Que faire des originaux
Ne jette rien, même une fois que tout est scanné. Un scan enregistre ce que tu pouvais voir à ce moment-là ; l'original contient souvent davantage. C'est particulièrement vrai pour les négatifs : garde-les toujours, car ils contiennent plus d'informations qu'un premier scan n'en récupère.
Range les albums dans un endroit frais et sec, à température stable, plutôt dans un placard du salon qu'au grenier ou à la cave. Debout ou à plat, mais pas coincés entre d'autres livres dans une étagère trop pleine. S'il y a des pages volantes, des reliures cassées ou des photos impossibles à décoller, un restaurateur peut t'aider.
Et pour tes nouveaux projets, utilise les copies. Tu veux intégrer une photo de tes grands-parents dans un scrapbook ? Imprime le scan et colle-le. L'original reste en sécurité dans le vieil album, et sur la copie, tu peux découper et écrire autant que tu veux.
Questions sur ce sujet
Comment numériser un vieil album photo sans l'abîmer ?
Fais d'abord une prise de vue de chaque page entière, puis seulement des photos une à une. Pour les albums épais, reliés ou fragiles, il est plus sûr de photographier que de scanner, car l'album reste posé.
Quelle résolution choisir pour scanner de vieilles photos ?
Pour une impression en taille réelle, 300 dpi suffisent. 600 dpi est un bon choix pour la plupart des photos, et les petites photos se scannent à 1 200 dpi ou plus.
Quel est le meilleur format de fichier pour des photos scannées ?
Garde un original en TIFF ou en JPEG de qualité maximale, et fais une copie plus légère pour partager. Retouche toujours une copie et ne touche pas à l'original.
Faut-il retirer les photos d'un vieil album pour les scanner ?
Ne détache que les photos qui viennent facilement. Ce qui est collé, laisse-le en place ; décoller est un chantier à part, pour plus tard et avec patience.


