Aller au contenu
Toutes les questions Questions sur le scrapbooking

Histoire et signification

D’où vient le scrapbooking et ce qu’il t’apporte. Les questions que les scrappeuses posent le plus souvent, avec une réponse courte et honnête.

Le scrapbooking, c’est quoi au juste ?

Le scrapbooking, c’est garder ses souvenirs dans un album, en réunissant photos, petits papiers et texte sur une page décorée. Ce qui le distingue d’un album photo classique, c’est l’histoire : tu écris ce qui s’est passé, qui était là et pourquoi ça comptait.

Sur une page, qu’on appelle aussi une page de scrap ou layout, tu combines en général :

  • une ou plusieurs photos
  • du papier de fond et des décorations (embellissements)
  • un titre et du journaling, le texte qui accompagne les photos
  • parfois de vrais souvenirs, comme un billet ou un ticket de caisse

Tu peux le faire sur papier, en numérique sur l’ordinateur ou en mélangeant les deux. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de faire.

À lire aussi : Qu’est-ce que le scrapbooking, et quel style est fait pour toi

D’où vient le scrapbooking ?

Le scrapbooking n’a rien d’une invention récente : depuis des siècles, on colle et on écrit ses souvenirs dans des carnets vierges. À la Renaissance, les érudits tenaient des carnets de citations et d’anecdotes, et les étudiants faisaient écrire un mot à leurs amis dans un album amicorum.

Au XIXᵉ siècle, l’album de découpures est devenu vraiment populaire. Les imprimés bon marché se sont multipliés, comme les journaux et les images en couleur, et on les découpait pour les coller, avec des lettres, des poèmes et, plus tard, des photos.

Le loisir tel qu’on le connaît aujourd’hui, avec du papier sans acide, des albums spéciaux et des boutiques dédiées, est né dans les années 1980 aux États-Unis, avant d’arriver en Europe.

À lire aussi : L'histoire du scrapbook, des chromos victoriens au journal

Pourquoi le scrapbooking est-il si apaisant ?

Le scrapbooking détend parce que tes mains sont occupées et que ton attention reste entièrement sur une seule chose. Découper, disposer et coller peut fonctionner comme une forme de méditation : beaucoup de gens ruminent moins et vivent davantage le moment présent.

En plus, ça agit sur ton humeur :

  • tu repenses à de beaux moments, ce qui procure souvent un sentiment chaleureux
  • tu termines quelque chose que tu peux tenir entre tes mains, et ça fait du bien
  • écrire sur ce que tu as vécu peut t’aider à lui trouver une place

Beaucoup de scrappeurs remarquent que ça marche surtout quand on ne cherche pas la perfection. Dès qu’une page devient une obligation, le calme disparaît.

À lire aussi : Pourquoi le scrapbooking apaise et fait du bien

Un scrapbook papier a-t-il encore du sens maintenant que tout est numérique ?

Oui, justement maintenant. Les milliers de photos de ton téléphone, tu les regardes rarement, alors qu’un album posé sur la table finit naturellement par être ouvert.

Un livre en papier a quelques atouts qu’un écran n’a pas :

  • tu peux le tenir, le feuilleter et le regarder à plusieurs
  • tu peux y garder de vrais objets, comme un billet d’entrée ou un mot écrit de la main de quelqu’un
  • il ne dépend pas d’une appli, d’un compte ou d’un format de fichier qui ne fonctionnera peut-être plus dans vingt ans

Le numérique et le papier ne s’excluent pas non plus. Beaucoup de scrappeurs trient d’abord leurs meilleures photos en numérique et n’impriment que celles-là pour leur album.

À lire aussi : Scrapbook, livre photo ou album photo : que choisir ?

Quels sont les ancêtres du scrapbook ?

Les ancêtres les plus connus sont le commonplace book, l’album amicorum et l’album de poésie.

  • Commonplace book : un carnet dans lequel on rassemblait citations, poèmes, recettes et curiosités, classés par thème.
  • Album amicorum (Stammbuch en allemand) : un livre d’amitié du XVIᵉ siècle, surtout tenu par des étudiants, où amis et professeurs inscrivaient une devise, leur nom et parfois un dessin ou des armoiries.
  • Album de poésie : sa version plus tardive et plus familiale, avec des petits vers et des images brillantes.

Au XIXᵉ siècle, on collait aussi des coupures et des images dans des albums de découpures. De toutes ces habitudes est né le scrapbook : un livre qui réunit texte, images et souvenirs.

À lire aussi : Du commonplace book au poesiealbum : les ancêtres du scrapbook

Le scrapbooking peut-il aider à faire son deuil ?

Oui, pour beaucoup de gens, ça peut aider, même si ça ne fonctionne pas pour tout le monde. Créer un album sur une personne que tu as perdue te donne du temps pour penser à elle, et ton chagrin prend une forme dont tu peux faire quelque chose.

Les scrappeurs racontent souvent qu’ils ont l’impression de rendre une petite visite à l’autre. Le résultat est en plus quelque chose que tu peux partager avec ta famille, par exemple après des obsèques.

Quelques conseils :

  • commence petit, avec quelques photos qui te sont chères
  • note tes souvenirs tant qu’ils sont encore frais
  • n’hésite pas à laisser de côté les photos floues ou en double
  • fais une pause si ça devient trop lourd

Si le chagrin continue de te submerger, cherche aussi du soutien auprès de quelqu’un d’autre. Un album ne remplace pas une aide.

À lire aussi : Le scrapbooking pour traverser le deuil

Le scrapbooking est-il aussi utilisé en thérapie ?

Il est parfois utilisé comme outil, mais le scrapbooking n’est pas une thérapie en soi. En revanche, ses ingrédients, créer, se souvenir et écrire, sont utilisés dans l’accompagnement.

Quelques exemples :

  • chez les personnes âgées et les personnes atteintes de démence, photos et albums aident à faire remonter des souvenirs et à lancer la conversation
  • dans l’accompagnement du deuil, un livre souvenir aide à donner une place à la perte
  • écrire sur ce que tu as vécu peut aider à réduire le stress et à mettre de l’ordre dans ce que tu ressens

Pour toi, ça peut tout simplement rester un loisir relaxant. Si tu souffres de déprime, d’angoisse ou d’un traumatisme, c’est un beau complément à l’aide d’un professionnel, mais pas un substitut.

À lire aussi : Pourquoi le scrapbooking apaise et fait du bien

Qui a inventé le collage ?

Le collage comme forme d’art est généralement attribué à Georges Braque et Pablo Picasso, qui ont commencé vers 1912 à coller du papier et d’autres matériaux dans leurs œuvres cubistes. Braque a collé du papier peint imitation bois sur un dessin, Picasso a intégré un morceau de toile cirée dans une nature morte.

Mais coller du papier est bien plus ancien. Au Japon, des calligraphes collaient déjà des siècles plus tôt des morceaux de papier sur le support de leurs poèmes, et au XVIIIᵉ siècle, l’Anglaise Mary Delany a créé des centaines de fleurs à partir de minuscules bouts de papier.

Le mot collage vient du verbe français coller. Après les cubistes, les dadaïstes, entre autres, ont pris le relais avec des photomontages faits de photos découpées.

À lire aussi : Aux origines du collage : de Picasso et Braque à Hannah Höch

Quel est le lien entre Mark Twain et les scrapbooks ?

Mark Twain trouvait le collage si fastidieux qu’il a inventé son propre album, pour lequel il a obtenu un brevet en 1873. Les pages étaient déjà recouvertes d’une fine couche de colle sèche. Il suffisait de l’humidifier pour y coller une coupure, un peu comme un timbre.

L’album a été vendu en plusieurs versions et fut l’une de ses idées commerciales les plus rentables. Il montre à quel point il était courant, au XIXᵉ siècle, de garder des coupures de journaux et des images.

Pour qui scrappe aujourd’hui, c’est surtout une anecdote amusante. La colle de l’époque n’était pas sans acide, si bien que ces vieux albums jaunissent et deviennent souvent cassants.

À lire aussi : L'histoire du scrapbook, des chromos victoriens au journal

Pourquoi l’album de découpures était-il si populaire au XIXᵉ siècle ?

Parce que, pour la première fois, il y avait beaucoup d’imprimés beaux et bon marché à conserver. Grâce à une nouvelle technique d’impression, la chromolithographie, sont apparues des images colorées, des cartes et des chromos publicitaires, que l’on découpait et collait en masse.

De plus en plus de gens savaient aussi lire, et les journaux et magazines devenaient abordables. Ce que tu trouvais beau ou important, tu le découpais : poèmes, articles, recettes.

Ce sont surtout les femmes qui tenaient des albums, comme une sorte de journal en images. Les amies échangeaient des images et se montraient leurs albums. Les images brillantes qui ont plus tard trouvé leur place dans les albums de poésie viennent de cette tradition. Avec l’essor de la photographie, les photos s’y sont peu à peu ajoutées.

À lire aussi : L'histoire du scrapbook, des chromos victoriens au journal

Comment le scrapbooking est-il devenu un vrai loisir ?

Cela s’est passé dans les années 1980 aux États-Unis. La généalogie et l’histoire familiale suscitaient davantage d’intérêt, et en même temps, on prenait conscience que les photos rangées dans des albums ordinaires se décoloraient et s’abîmaient.

Des entreprises se sont mises à vendre des albums et du papier sans danger pour les photos, avec des explications pour réaliser une belle page. Puis sont arrivés les ateliers, les boutiques de scrapbooking, les magazines et les rencontres où l’on travaillait ensemble sur ses albums.

À partir des années 1990, le loisir s’est répandu en Europe, notamment aux Pays-Bas et en Belgique. Plus tard se sont ajoutés le scrapbooking numérique, les réseaux sociaux et de nouvelles formes comme les junk journals.

À lire aussi : L'histoire du scrapbook, des chromos victoriens au journal

Le scrapbooking est-il passé de mode ?

Non, mais il a changé. L’époque des grandes boutiques de scrap dans chaque ville est révolue, et en parallèle, de nouvelles formes sont apparues : junk journals, pocket scrapbooking, carnets de voyage et scrap numérique ou hybride.

Ce qui reste, c’est le besoin de garder ses souvenirs dans quelque chose qu’on peut feuilleter. Justement parce que les photos sont aujourd’hui surtout sur nos téléphones, beaucoup de gens redécouvrent le plaisir de coller.

Chez chacun aussi, ça va par vagues. Beaucoup de scrappeurs traversent des périodes où ils ne font rien pendant des années, puis s’y remettent, souvent avec un autre style ou un format plus petit qu’avant. Ça fait partie du jeu.

Tu scrappes pour le souvenir ou pour l’art ?

C’est à toi de voir, et la plupart des scrappeurs font un peu des deux. Beaucoup sont avant tout des memory keepers : les photos et l’histoire passent en premier, la décoration sert seulement à les mettre en valeur.

D’autres scrappent surtout pour le plaisir de créer. Ils travaillent avec de la peinture, des tampons et des couches successives, et n’utilisent parfois même pas leurs propres photos. On se rapproche alors de l’art journaling.

Une question utile à te poser : est-ce que je veux que quelqu’un comprenne cette page dans trente ans ? Alors les noms, les dates et quelques phrases comptent plus que la énième couche de décoration. Si c’est le plaisir du moment qui compte pour toi, ta page peut tout aussi bien être purement créative.

À lire aussi : Art journaling : comment commencer

Le scrapbooking se pratique-t-il seul ?

Non, c’est depuis toujours une activité conviviale. Dès le XIXᵉ siècle, les amies se montraient leurs albums et échangeaient des images.

Aujourd’hui, tu peux scrapper à plusieurs de différentes façons :

  • lors d’une crop : un après-midi, une soirée ou un week-end où des scrappeurs viennent avec leur matériel pour travailler ensemble sur leurs pages
  • chez toi avec quelques amies, ou avec tes enfants ou petits-enfants
  • dans un club ou un atelier
  • en ligne, en partageant tes créations et en participant à des défis

Travailler ensemble apporte souvent de nouvelles idées, et tu termines plus de pages que seul. Pour un album de famille, c’est en plus pratique que d’autres puissent compléter les noms et les histoires.

À lire aussi : Scrapper ensemble : crops et après-midis scrap

Qu’est-ce qu’un commonplace book ?

Un commonplace book est un carnet dans lequel tu rassembles tout ce qui te semble digne d’intérêt : citations, poèmes, maximes, recettes, lettres et anecdotes. À partir de la Renaissance surtout, il était très répandu chez les érudits, les étudiants et les écrivains.

La différence avec un journal intime : un journal suit les jours et parle de ce que tu ressens, alors qu’un commonplace book est classé par thème et pensé pour qu’on y retrouve les choses plus tard. Il comportait souvent des mots-clés et un index.

On le considère comme l’un des ancêtres du scrapbook et du journal moderne. Si tu tiens aujourd’hui un carnet de citations préférées ou un bullet journal avec des listes thématiques, tu fais en fait la même chose.

À lire aussi : Du commonplace book au poesiealbum : les ancêtres du scrapbook

Comment dit-on scrapbooking en néerlandais ?

Il n’existe pas de mot néerlandais établi ; la plupart des gens disent simplement scrapbooken ou scrappen. L’ancien mot plakboek, « album de collage », s’en rapproche le plus, mais il évoque plutôt un cahier de coupures de journaux ou d’images.

Scrapbook vient de l’anglais scrap, un bout ou un reste, et book, livre. C’est donc littéralement un livre de découpures.

D’autres langues ont aussi adopté le mot anglais. Les termes techniques comme layout, journaling et embellishments s’emploient eux aussi généralement en anglais en néerlandais.

À lire aussi : Le vocabulaire du scrapbooking expliqué, des brads au vellum

Quelle est la différence entre collage, papier collé et assemblage ?

La différence tient au matériau et au relief.

  • Papier collé : une œuvre réalisée uniquement avec du papier collé. Le terme vient des travaux de Braque et Picasso vers 1912.
  • Collage : la notion plus large, avec du papier mais aussi d’autres matériaux, comme du tissu, des photos, de la peinture ou des dessins. En général, ça reste plat.
  • Assemblage : la version en trois dimensions, où l’on réunit de vrais objets, comme des boutons, du bois ou du métal.

Dans un scrapbook ou un journal, tu retrouves les trois. Une page faite uniquement de couches de papier est un papier collé, avec des photos et du tissu c’est un collage, et dès que tu colles des objets épais, tu glisses vers l’assemblage.

À lire aussi : Aux origines du collage : de Picasso et Braque à Hannah Höch

Faut-il acheter beaucoup de matériel pour faire du scrapbooking ?

Non. Cette image vient surtout de l’industrie qui vend albums, papiers et décorations depuis les années 1980, mais au fond, il te faut seulement des photos, du papier, de la colle, des ciseaux et un stylo.

Autrefois, on collait tout simplement ce qu’on avait : coupures de journaux, cartes, images et lettres. Ça marche toujours. Un junk journal est même entièrement construit à partir de ce que tu jetterais sinon.

Beaucoup de scrappeurs expérimentés mettent en garde contre la pression de bien faire avec le matériel dernier cri. Ce qui compte, c’est ton histoire, pas ta collection. Pour les photos, c’est quand même malin d’utiliser du papier sans acide et une colle adaptée aux photos, pour que ton album dure longtemps.

À lire aussi : Faire du scrapbooking avec un petit budget

Les vieux scrapbooks de famille ont-ils une valeur historique ?

Souvent, oui, même s’ils ont l’air brouillons. Un vieil album montre ce qui comptait pour quelqu’un, quelles images étaient à la mode et à quoi ressemblait la vie quotidienne. C’est rarement consigné ailleurs de cette façon.

Pourtant, beaucoup d’albums se perdent, parce que personne n’en veut ou parce qu’ils sont encombrants et fragiles.

Ce que tu peux faire :

  • garde l’album entier et n’en retire rien
  • conserve-le à l’abri de la lumière, au sec, et pas au grenier ni à la cave
  • scanne ou photographie les pages, pour que la famille puisse le regarder sans l’abîmer
  • note ce que tu sais sur la personne qui l’a fait

Les archives locales ou un organisme du patrimoine sont parfois intéressés.

À lire aussi : Créer un album de famille avec de vieilles photos et documents

Pourquoi scrappe-t-on davantage en période d’incertitude ?

Une explication souvent avancée, c’est que conserver donne des repères. En temps de guerre, de maladie ou d’angoisse, les gens tiennent plus souvent des journaux et des albums, parce qu’ils mettent ainsi de l’ordre dans ce qui leur échappe par ailleurs.

Scrapper aide de plusieurs façons :

  • tu concentres ton attention sur quelque chose de petit et de maîtrisable
  • tu regardes ce qui était bien et ce qui est resté
  • tu gardes une trace de ce qui se passe, aussi pour plus tard

Ce n’est pas une règle, mais tu le reconnais peut-être chez toi : dans une période chargée ou difficile, une petite heure à découper et coller peut apporter beaucoup de calme. Pas besoin que le résultat soit beau, c’est le fait de créer qui compte.

À lire aussi : Pourquoi le scrapbooking apaise et fait du bien