Aller au contenu
Tous les articles
Débuter · 8 min de lecture

Art journaling : comment commencer

Un carnet où tu peux barbouiller, coller et écrire sans que ce soit forcément joli. Voici ce qu'il te faut et comment créer ta première page.

Carnet de croquis ouvert aux pages abstraites peintes en rose, vert, orange et noir vifs, avec volutes et points blancs
Photo: Deeana Arts 🇵🇷 · Pexels

Tu en as peut-être déjà vu passer : des pages pleines de peinture, de bouts de magazine, avec un petit oiseau tamponné et une seule phrase en grandes lettres. C'est ça, l'art journaling. On dirait souvent de l'art, mais c'est en fait un journal intime en images. Le plus beau, c'est que ça n'a pas besoin d'être beau. Voici comment commencer, avec peu de matériel et sans savoir quel est ton style.

Qu'est-ce qu'un art journal

Un art journal est un carnet dans lequel tu montres ce qui t'occupe l'esprit avec de la peinture, du collage, des dessins, des tampons et des mots. Une émotion, une couleur qui te faisait envie, une phrase qui t'est restée en tête, une journée dont tu veux te souvenir. Il n'y a pas de règles sur ce qu'on doit y mettre. Ce qui compte, c'est le fait de créer, pas le résultat final.

La différence avec un scrapbook tient surtout au but. Un scrapbook conserve des souvenirs : les photos y ont la place principale, et il est souvent fait pour être feuilleté plus tard ou transmis. Un art journal est plutôt un terrain de jeu. Tu y testes des techniques, tu y poses tes pensées et tu n'as rien à expliquer. Les photos y ont leur place, mais ce n'est pas obligatoire.

La frontière est d'ailleurs mince. Beaucoup de scrappeuses utilisent des techniques d'art journal comme fond pour une page, et une page d'art journal avec une photo, c'est déjà presque une page de scrapbook.

Quel carnet choisir

Le plus important, c'est le papier. La peinture, la colle et l'eau font gondoler le papier fin, et ce que tu mets d'un côté se voit de l'autre. Choisis donc un papier d'au moins 200 g/m² environ. Le papier d'imprimante classique fait 80 g/m², c'est donc largement plus du double. Le papier aquarelle d'environ 300 g/m² supporte encore plus.

Ce à quoi tu peux faire attention :

  • Les carnets mixed media sont faits pour les techniques sèches et humides à la fois. Pour un premier carnet, c'est le choix le plus sûr.
  • Les carnets aquarelle supportent beaucoup d'eau, mais leur grain rugueux rend parfois les traits fins difficiles.
  • Un carnet à spirale s'ouvre à plat et tu peux facilement tourner une page. Un carnet relié ressemble davantage à un vrai livre et te permet de travailler par-dessus le milieu.
  • Le format A5 est idéal pour commencer : assez grand pour jouer, assez petit pour être vite rempli.

Pas besoin que ce soit cher. Un vieux livre relié trouvé dans une ressourcerie, un agenda ou un cahier au papier un peu épais font aussi l'affaire. Passe alors d'abord une couche de gesso sur les pages, et colle-en éventuellement deux ensemble : elles deviendront assez solides.

Le matériel de base pour commencer

Il te faut moins de choses que ce que laissent croire les vidéos. Avec cette liste, tu iras loin :

  • Gesso : une sous-couche blanche qui ressemble à de la peinture épaisse. Il rend le papier plus solide, aide la peinture à mieux accrocher et limite les traversées d'humidité. Une fois sec, il est un peu rugueux au toucher, ce qui permet aussi au crayon et au pastel de mieux prendre.
  • Peinture acrylique : quelques tubes de qualité étude suffisent. Du blanc, du noir et deux ou trois couleurs que tu aimes. L'acrylique est résistante à l'eau une fois sèche, tu peux donc superposer les couches.
  • Colle : un bâton de colle pour le papier, ou du medium mat (un medium acrylique qui sert à la fois de colle et de couche de protection) pour le papier fin, les serviettes et les pages de magazine.
  • Stylos : un feutre fin noir indélébile, et un stylo gel blanc ou un marqueur peinture pour écrire sur un fond foncé ou peint. Les feutres classiques glissent souvent mal sur l'acrylique sèche.
  • Accessoires : un pinceau plat, une vieille carte en plastique pour étaler la peinture, des lingettes pour bébé pour essuyer et une paire de ciseaux.

Pratique pour plus tard, mais pas indispensable : pochoirs, tampons, washi tape, encres et pâte de texture. Commence petit et n'achète quelque chose que quand tu te rends compte qu'il te manque.

Pas besoin d'acheter de quoi faire des collages. Garde des cartes, de vieilles cartes routières, du papier cadeau, des tickets de caisse, des pages de magazine et de jolis emballages. Une enveloppe ou un sachet zippé par type de papier, et tu retrouveras plus facilement ce que tu cherches.

Ta première page : fond, image, mots

Une page blanche peut paralyser. C'est pour ça qu'il est utile de penser en trois couches. Pas besoin de tout faire en une soirée : le fond aujourd'hui, l'image demain et les mots le week-end, c'est tout aussi bien.

Première couche : le fond

Étale d'abord une fine couche de gesso sur la page et laisse sécher. Choisis ensuite une couleur et peins toute la page. Dès qu'elle n'est plus blanche, le premier cap est passé.

Quelques façons simples de donner plus de vie à ton fond :

  • Mets un peu de peinture sur une vieille carte en plastique et passe-la sur la page. Les traînées et les zones vides, c'est justement ce qui est joli.
  • Pose deux ou trois couleurs côte à côte et laisse-les se mélanger un peu là où elles se touchent. Choisis des couleurs qui vont bien ensemble, sinon ça vire au marron.
  • Colle des bouts de magazine, de vieilles pages de livre ou une serviette, puis peins partiellement par-dessus.
  • Tamponne de la peinture à travers un pochoir ou fais des éclaboussures avec un pinceau et un peu de peinture diluée.

Laisse bien sécher chaque couche avant de continuer. De la peinture mouillée sur de la peinture mouillée, ça devient vite de la boue.

Deuxième couche : l'image

Choisis un seul élément qui attirera le regard. Ça peut être une image découpée, un tampon, une forme simple comme un cercle ou un cœur, une photo ou un dessin. Si tu ne sais pas dessiner, ce n'est pas grave : le collage et les tampons font le même travail.

Pose d'abord ton image sans la coller et déplace-la jusqu'à ce que ça te plaise. Colle-la ensuite. Si tu veux un tampon net sur un fond peint et rugueux, tamponne sur du papier de soie fin et colle-le. On dirait alors que tu as tamponné directement dans le carnet.

Troisième couche : les mots

Les mots rendent une page personnelle. Un seul mot peut suffire, une phrase qui t'a touchée, ou quelques lignes sur ta journée. Écris en grand et ose utiliser ta propre écriture. Les lettres de travers, c'est toi.

Tu veux écrire quelque chose que personne ne doit lire ? C'est possible aussi. Écris-le sur la page puis peins par-dessus, ou écris-le sur une petite carte que tu glisses derrière un rabat.

Pour finir, tu peux encore ajouter des petits traits, des points ou une bordure au stylo gel blanc ou au feutre fin noir. C'est ce qui donne la touche finale.

Et si tu ne connais pas encore ton style ?

C'est normal, et c'est même la partie la plus chouette. Un style naît en créant, pas en y réfléchissant. Quelques pistes qui aident :

  • Essaie une nouvelle technique à chaque page. Au bout de dix pages, tu sauras ce que tu aimes et ce que tu n'aimes pas.
  • Travaille avec une palette réduite, par exemple deux couleurs plus le noir et le blanc. Se limiter rend les choix plus faciles.
  • Pars d'un thème ou d'un mot quand tu ne sais pas quoi faire : une saison, un lieu, un vers de chanson.
  • N'hésite pas à suivre un tuto et à le reproduire. C'est de l'entraînement, et tes propres choix s'y glissent tout seuls.
  • Feuillette tes pages une fois par mois. Lesquelles te rendent heureuse ? Quelles couleurs et techniques reviennent sans cesse ? C'est là que se trouve ton style.

Les pages ratées font partie du jeu. Tu peux toujours travailler par-dessus : une couche de gesso remet tout à neuf. Ou tu peux les laisser comme preuve que tu as essayé quelque chose.

Faut-il montrer tes pages ?

Non. Un art journal t'appartient. Beaucoup de gens le gardent entièrement privé, justement parce que ça donne la liberté de barbouiller et d'être sincère. Tu n'as rien à expliquer à personne.

Certaines personnes aiment partager une page de temps en temps, avec une amie, lors d'un après-midi créatif ou en ligne. Ça peut inspirer et donner confiance en soi, mais ce n'est pas une obligation. Si tu veux garder ou montrer une page sans te séparer de ton carnet, tu peux la scanner et choisir toi-même qui la voit.

Pose ton carnet à un endroit où tu l'attrapes facilement, et fais une page quand tu en as envie. Trois fois par mois, c'est suffisant. Le but n'est pas de tenir la distance, c'est de se faire plaisir.

Questions sur ce sujet

Quelle est la différence entre un art journal et un scrapbook ?

Un scrapbook conserve des souvenirs, avec les photos au centre. Un art journal est plutôt un terrain de jeu pour tester des techniques et poser ses pensées, et les photos y ont leur place sans être obligatoires.

Quel papier choisir pour un art journal ?

Un papier d'au moins 200 g/m² environ supporte mieux la peinture et la colle, et un papier aquarelle d'environ 300 g/m² supporte encore plus. Tu renforces un papier fin avec une couche de gesso.

Quel matériel faut-il pour commencer l'art journaling ?

Un carnet au papier épais, du gesso, quelques tubes d'acrylique, de la colle et un stylo indélébile suffisent. Pas besoin d'acheter de quoi faire des collages : cartes, pages de magazine et emballages font très bien l'affaire.

Faut-il savoir dessiner pour faire un art journal ?

Non. Le collage, les tampons et les mots font le même travail qu'un dessin, et un art journal n'a pas besoin d'être beau.

À lire aussi