Quel papier choisir : cardstock, papier imprimé et grammage
Cardstock ou papier imprimé, 160 ou 250 grammes, un bloc ou des feuilles à l'unité : voici comment savoir de quel papier tu as besoin et à quoi faire attention à l'achat.

En magasin de loisirs créatifs, tous les papiers se ressemblent, jusqu'au moment où, chez toi, ton fond gondole sous la colle ou ta carte reste toute molle. Le papier est la base de chaque page, et avec quelques notions, tu le choisis beaucoup plus facilement. Ici, tu découvres la différence entre cardstock et papier imprimé, ce que veulent dire les grammes sur l'étiquette et quand un papier bon marché suffit.
Cardstock et papier imprimé
Le cardstock est un papier épais, plus épais que le papier d'imprimante et plus fin que le carton. Il est le plus souvent uni, parfois avec une texture comme le lin ou de fines rayures. Tu l'utilises comme base de page, comme mat derrière une photo (un cadre de papier qui fait ressortir la photo), pour les étiquettes, les tags et tout ce qui doit rester rigide.
Le papier imprimé, qu'on appelle aussi papier scrap ou patterned paper, c'est le papier à motifs : fleurs, carreaux, pois, textes, plans de villes. Il est plus fin que le cardstock et sert à créer une ambiance. Tu l'utilises comme fond, comme couche, pour des bandes et des formes découpées.
Les deux se complètent. Une construction très courante : une base en cardstock, par-dessus une feuille ou une bande de papier imprimé, et la photo sur un mat de cardstock uni. Le papier uni apporte du calme, le papier imprimé raconte l'histoire.
Attention : le nom sur l'emballage ne dit pas toujours l'épaisseur. Certains papiers imprimés sont en fait du cardstock léger, d'autres sont à peine plus épais qu'un papier ordinaire. Regarde donc le grammage indiqué.
Ce que veut dire le grammage
Le poids du papier s'exprime en grammes par mètre carré, g/m². Une feuille de 80 g/m² pèserait 80 grammes si elle mesurait exactement un mètre carré. Le papier d'imprimante classique tourne généralement autour de ce chiffre, le cardstock est bien à plus du double.
Plus le chiffre est élevé, plus le papier est en général épais et rigide. Mais c'est un poids, pas une épaisseur. Deux papiers de même grammage peuvent donner une sensation différente : un papier kraft peut par exemple sembler plus rigide qu'un papier lisse et satiné du même grammage, parce qu'il est fabriqué autrement. C'est pourquoi certains fabricants indiquent aussi l'épaisseur d'une feuille, en microns ou en mils.
Pour te repérer :
- 80 à 100 g/m² : papier d'imprimante, pour les brouillons, les gabarits et le journaling que tu colles sur la page.
- 120 à 170 g/m² : papier imprimé et couches fines, bandes, formes découpées et pliages.
- 200 à 250 g/m² : cardstock classique, pour les bases de page, les mats, les cartes et les formes découpées à la machine.
- 270 à 300 g/m² et plus : extra rigide, pour les couvertures, les petites boîtes, les cartes à nombreuses couches et les mini-albums.
Plus il y a de couches, de colle et d'embellissements (des décorations comme des boutons, des stickers et des petites fleurs) sur une page, plus la base doit être solide. Avec une feuille fine, tout plie dès que tu la soulèves.
En même temps, inutile de tout faire épais. Un album avec uniquement du papier lourd ferme mal et devient encombrant. Pour un mini-album, tu combines donc des pages solides avec un papier décoratif plus fin, pour que les plis et le dos tiennent.
Si tu travailles avec une machine de découpe ou une machine à die cuts, vérifie ce qu'elle supporte. Un papier très épais ne se découpe pas toujours proprement. À l'inverse, un papier très fin peut se déchirer avec des formes délicates.
Du papier fin sans gondoles
Un papier fin gondole plus vite avec de la colle humide. Utilises-en le moins possible et répartis-la bien, ou choisis un roller de ruban adhésif double face. Laisse une feuille fraîchement collée quelques heures sous une pile de livres : elle séchera à plat.
Si tu comptes travailler avec de la peinture, de l'encre et de l'eau, un papier imprimé classique ne suffit pas. Il te faut alors du papier aquarelle ou du papier mixed media d'environ 250 à 300 g/m².
Recto, recto verso et teinté dans la masse
Le papier imprimé existe en recto seul ou en recto verso. Le recto seul est souvent un peu moins cher et pratique : tu sais tout de suite quel côté est l'envers, celui où va la colle. Le papier recto verso a un motif différent et assorti de chaque côté. C'est pratique quand les deux faces sont visibles, pour les rabats, les petites enveloppes, les fanions et les cartes pliées. Et tu as en fait deux feuilles en une.
Pour le cardstock, regarde s'il est teinté dans la masse, core dyed en anglais. Le papier est alors coloré de part en part. Un cardstock coloré classique a parfois un cœur blanc, que tu vois dès que tu déchires ou ponces un bord, ou que tu utilises un classeur d'embossage. Avec un papier teinté dans la masse, la couleur reste la même jusque sur la tranche. Et si tu cherches justement ce contraste, un papier à cœur blanc est parfait pour des bords déchirés ou poncés.
Collections de papier ou feuilles à l'unité
Une collection, c'est une série de papiers d'une même ligne, avec les mêmes couleurs et le même style. Ils vont ensemble, donc pas besoin de te casser la tête. Tu les achètes en bloc, avec les feuilles collées sur un côté, ou en lot de feuilles volantes dans une pochette.
Un bloc est idéal pour débuter ou pour un grand album dans une seule ambiance. Le risque : il contient souvent quelques feuilles que tu n'utiliseras jamais. C'est pourquoi les personnes qui scrapent depuis un moment préfèrent souvent acheter des feuilles à l'unité, assorties aux photos du moment. Elles coûtent plus cher à la feuille, mais il te reste moins de chutes.
Un juste milieu qui marche bien : choisis tes couleurs d'après tes photos, prends une petite pile en trois ou quatre couleurs, avec quelques feuilles de chacune, et complète avec du cardstock uni blanc, noir et kraft. Le blanc part toujours plus vite que tu ne le penses.
Côté formats : la taille classique est 30,5 × 30,5 cm (12 × 12 pouces). Les blocs de 15 × 15 cm (6 × 6 pouces) sont parfaits pour les cartes, les mats et les mini-albums, car les motifs y sont imprimés plus petits. Quel format d'album te convient, tu le découvriras dans un article à part.
Kraft, vellum et autres papiers spéciaux
Le papier kraft, c'est ce papier brun un peu brut qu'on connaît par le papier d'emballage et les sacs en papier. En cardstock, c'est une base qui pardonne tout : presque toutes les couleurs et tous les motifs vont dessus. Attention, l'envers a parfois une autre teinte que l'endroit, et vérifie sur l'étiquette qu'il est sans acide, car tous les papiers bruns ne le sont pas.
Le vellum est un papier translucide, un peu comme du papier calque. Il ajoute un voile doux et flou sur une photo ou un motif, et il est joli pour les titres et les petites enveloppes. Le plus délicat, c'est la colle : elle se voit par transparence. Colle donc le vellum aux endroits où quelque chose d'opaque viendra par-dessus, ou fixe-le avec des brads (attaches parisiennes), des agrafes, de la couture ou une bande de washi tape.
Tu trouveras aussi :
- Du papier pailleté et métallisé, pour de petites touches comme un titre ou un rond derrière une date. Sur de grandes surfaces, ça devient vite trop chargé.
- Du papier en relief ou texturé, comme la texture lin ou de petits points. Joli pour des pages nature ou vintage, moins adapté aux tampons fins.
- Du cardstock lisse, idéal pour les tampons aux lignes fines et pour écrire dessus.
- Du papier aquarelle, pour tout ce qui demande beaucoup d'eau.
Le papier de bricolage qu'utilisent les enfants à l'école est bon marché, mais ses couleurs passent vite. Pour un album qui doit durer, ce n'est pas un bon choix.
Le papier bon marché, ça suffit ?
Parfois, oui. Pour t'entraîner, faire des gabarits, une première carte ou un journal que tu utilises beaucoup, un papier petit budget convient très bien. Tu oses davantage expérimenter, et au début, ça compte beaucoup.
Pour un album que tu veux garder ou un cadeau, c'est autre chose. Les défauts connus des lots très bon marché :
- Le papier est fin et gondole sous la colle.
- L'impression est floue ou les couleurs sont ternes.
- Un bloc ne contient qu'une ou deux feuilles que tu trouves vraiment belles.
- Rien n'indique s'il est sans acide, donc tu ne sais pas à quoi il ressemblera dans quelques années.
Touche la feuille, regarde-la à la lumière et vérifie le grammage sur l'emballage. Une feuille épaisse et nettement imprimée issue d'un lot économique peut très bien faire l'affaire, une feuille ultrafine issue d'un bloc cher, non. Mieux vaut quelques bonnes feuilles qu'une pile que tu n'utiliseras jamais.
Si tu veux un papier qui n'abîme pas tes photos, cherche « sans acide » et « sans lignine » sur l'étiquette. Ce que ça veut dire exactement et quand c'est important, tu le découvriras dans un article à part.
Imprimer soi-même
Tu peux aussi acheter du papier numérique et l'imprimer toi-même. Vérifie alors ce que ton imprimante supporte : beaucoup d'imprimantes domestiques ont une limite de grammage, et avec une imprimante laser, le toner se décolle parfois sur un papier très épais. Fais d'abord un test sur une feuille, et choisis un papier lisse pour une impression plus nette. Lis aussi la licence, car tous les motifs ne peuvent pas être utilisés pour tout.
Pour commencer
Si tu n'as encore rien, il t'en faut peu : une pile de cardstock blanc d'environ 200 à 250 g/m², un peu de noir et de kraft, et un bloc de papier imprimé dont les couleurs vont bien avec tes photos. Avec ça, tu fais tes premières pages et tu sens tout naturellement quel papier tu aimes avoir entre les mains. Au fond, c'est ce ressenti qui te guidera le mieux.
Questions sur ce sujet
Quelle différence entre cardstock et papier imprimé ?
Le cardstock est un papier épais, généralement uni, pour la base d'une page, les mats et les étiquettes. Le papier imprimé est plus fin, à motifs, et crée une ambiance en fond, en couche ou en bande.
Quel grammage de cardstock pour le scrapbooking ?
Pour une base de page, choisis autour de 200 à 250 g/m². Pour les couches et les détails, 120 à 170 g/m² suffisent, et pour les couvertures et les mini-albums, tu peux prendre 270 à 300 g/m² ou plus.
C'est quoi un cardstock teinté dans la masse ?
C'est un cardstock coloré de part en part, core dyed en anglais. Quand tu déchires, ponces ou embosses le bord, la couleur reste la même et tu ne vois pas de cœur blanc.
Le papier de scrapbooking bon marché, ça vaut le coup ?
Pour t'entraîner, une première carte ou un journal que tu utilises beaucoup, oui. Pour un album que tu veux garder, regarde l'épaisseur, la qualité d'impression et la mention « sans acide ».


