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Techniques · 8 min de lecture

Distress ink et ink blending : des dégradés sans taches

Des bords tout doux, une feuille à l’air ancien ou un ciel qui passe du rose au violet : avec de l’encre, une éponge et un peu de patience, tu le fais toi-même.

Six flacons compte-gouttes d’encre bleue, rouge, verte et noire à côté de papiers marbrés en dégradés roses et bleus
Photo: RDNE Stock project · Pexels

Une page en papier blanc bien net peut sembler un peu nue. Un peu d’encre sur le bord, et tout à coup, on dirait que la photo a toujours été dans cet album. Le distressing et le blending sont deux des techniques les plus utilisées dans les scrapbooks, les cartes et les journals, et elles demandent peu de matériel. Un peu d’entraînement, en revanche, et quelques astuces pour éviter les taches et les traces.

Qu’est-ce que le distressing

« Distresser », c’est littéralement donner à quelque chose un air abîmé. En scrapbooking, on parle de donner au papier un aspect usé, patiné ou ancien. On peut le faire avec de l’encre, mais aussi en ponçant, en déchirant, en froissant ou en effilochant les bords.

Ça va surtout bien avec les styles vintage, shabby chic ou un peu plus bruts, mais même sur une page toute fraîche, une touche d’encre sur le bord change beaucoup de choses. Elle donne de la profondeur, pour que les couches de papier se détachent les unes des autres, et elle adoucit la coupe blanche et nette du papier imprimé.

Le blending, c’est autre chose : tu appliques l’encre sur une surface de façon uniforme ou en dégradé doux, sans bords visibles. On l’utilise pour les fonds, les ciels et les aplats de couleur. Pour les deux techniques, il te faut les mêmes outils.

Qu’est-ce que la Distress ink

La Distress ink est une encre à tampon à base d’eau, créée à l’origine pour ces techniques. Elle reste humide plus longtemps que beaucoup d’autres encres, ce qui permet aux couleurs de se fondre les unes dans les autres sur le papier. Elle réagit aussi à l’eau : si tu en vaporises dessus, l’encre se met à bouger, et tu obtiens des taches et des dégradés tout doux. Tamponné, le motif est un peu moins net qu’avec d’autres encres, et pour un look ancien, c’est justement joli.

Il existe aussi une version qui contient du pigment, la Distress Oxide. Elle couvre davantage, même sur du papier de couleur, et donne souvent un effet un peu crayeux une fois mouillée. La différence entre les types d’encre aura son propre article ; ici, on parle de ce que tu peux en faire. Tu peux aussi faire du blending avec d’autres encres à base d’eau, mais c’est souvent moins fluide.

Encrer les bords et vieillir le papier

Le plus simple pour commencer, c’est d’encrer le bord de ton papier.

  1. Pose ton papier sur un tapis de travail ou une chute de papier.
  2. Prends un peu d’encre sur ton éponge ou ton blending tool.
  3. Commence à côté du papier et avance par petits cercles vers le bord, pour que seuls les derniers millimètres prennent la couleur.
  4. Avance doucement un peu vers l’intérieur si tu veux un bord plus large.

Pour un effet plus brut, effiloche d’abord les bords. Il existe des distress tools exprès, mais la lame d’une paire de ciseaux que tu racles plusieurs fois le long du bord fait la même chose. Une lime à ongles ou du papier de verre fin marchent aussi. Sur un papier à cœur blanc, tu verras alors apparaître des fibres claires, qui prennent l’encre à merveille. Tu peux aussi déchirer, mais fais-le lentement, pour ne pas enlever plus que tu ne veux.

Quelques autres façons de vieillir le papier :

  • Froisse la feuille, lisse-la à moitié et passe directement l’encreur dessus. Les plis attrapent l’encre et forment des veines foncées.
  • Vaporise ensuite un peu d’eau sur la feuille froissée pour obtenir des gouttes et des taches. Une fois sèche, tu peux la repasser entre deux torchons pour l’aplatir.
  • Ponce le dessus du papier imprimé. Une partie de la couleur part et la feuille prend un air usé.

Teste chaque couleur sur un bout de papier blanc avant de commencer. Sur le papier, l’encre a souvent un autre rendu que dans sa boîte. Pose la boîte à côté de ton essai : comme ça, tu sauras plus tard quelle couleur était laquelle.

Les outils de blending : éponge, brosse ou mini blender

Tu peux faire du blending avec presque tout ce qui est doux. Le choix dépend surtout de la taille de la surface et de la douceur du résultat que tu veux.

  • Le blending tool avec mousse, c’est l’outil classique : un manche avec un petit coussin rond en mousse qui se remplace grâce à un scratch. Il est facile à guider et convient aux bords comme aux grandes surfaces.
  • Les blending brushes sont des brosses rondes aux poils doux et serrés. Elles donnent le dégradé le plus doux et pardonnent beaucoup, car tu n’obtiens presque pas de démarcations. Elles sont un peu plus chères.
  • Le mini ink blender est un petit embout rond avec une éponge. Pratique pour les petites surfaces, les bords des die cuts et les petits espaces d’un pochoir.
  • Une éponge de maquillage ou un bout d’essuie-tout roulé font aussi très bien l’affaire pour débuter.

Utilise une éponge ou une brosse par couleur, ou au moins des outils séparés pour les couleurs claires et foncées. Comme ça, ton jaune ne devient pas vert par surprise.

Faire du blending sans taches ni traces

La plupart des taches viennent du fait qu’il y a trop d’encre d’un coup sur le papier. Quelques habitudes qui font toute la différence :

  • Tapote légèrement ton éponge sur l’encreur plusieurs fois au lieu d’appuyer fort. Peu d’encre vaut mieux que beaucoup.
  • Commence toujours à côté du papier, sur ton tapis de travail, puis avance sur le papier. C’est au premier contact que l’éponge dépose le plus d’encre, et tu ne veux pas que ce soit au milieu de ta feuille.
  • Travaille par petits cercles légers. N’appuie pas, laisse l’éponge faire le travail.
  • Monte la couleur par couches. Un deuxième et un troisième passage rendent le tout uniforme ; un seul passage appuyé laisse des taches.
  • Commence par la couleur la plus claire, puis passe aux plus foncées.
  • Fixe ton papier avec un peu de ruban de masquage ou un morceau de washi tape dans les coins, pour qu’il ne glisse pas.

Si tu vois quand même une trace, repasse dessus en petits cercles avec une éponge vide ou presque vide. Ça suffit souvent à adoucir la démarcation.

Quel papier donne le plus beau blending

Le papier compte au moins autant que l’encre. Un cardstock lisse et rigide, à la texture dense, donne le plus beau dégradé : l’encre reste en surface et se laisse étaler. Le papier blanc ou très clair met le mieux la couleur en valeur.

Un papier doux et absorbant, comme du papier d’imprimante fin ou du carton bas de gamme pour loisirs créatifs, boit l’encre tout de suite. Tu obtiens alors des taches et chaque mouvement se voit. Un papier à la texture rugueuse donne aussi un résultat irrégulier, même si ça peut être sympa pour un look ancien.

Pour les techniques avec beaucoup d’eau, choisis du papier aquarelle. Tu peux aussi utiliser du papier kraft et du carton de couleur, mais l’encre classique y disparaît ; une encre couvrante à pigment marche mieux.

Dégradés et fonds en plusieurs couleurs

Un dégradé de deux ou trois couleurs a l’air compliqué, mais le principe est simple.

  1. Choisis des couleurs voisines sur le cercle chromatique, comme jaune, orange et rouge, ou bleu, vert et jaune. Les couleurs opposées, comme le rouge et le vert, virent vite au marron là où elles se rencontrent.
  2. Commence par la couleur la plus claire et applique-la sur la partie de la feuille où elle doit aller, un peu au-delà du milieu.
  3. Prends la couleur suivante et commence de l’autre côté. Avance vers le milieu et laisse les couleurs se chevaucher légèrement à cet endroit.
  4. Repasse sur la transition avec l’éponge de la couleur la plus claire pour l’adoucir.

Quelques variantes qui valent le coup d’essayer :

  • Masque une partie de ta feuille avec un post-it ou une forme découpée et fais ton blending par-dessus. Une fois le cache retiré, tu as une silhouette blanche bien nette, par exemple un arbre ou une ligne de montagnes.
  • Presse quelques encreurs sur un tapis de travail, vaporise de l’eau dessus jusqu’à ce qu’elle perle et passe ton papier dedans plusieurs fois. Laisse sécher entre les couches, avec un heat tool (un pistolet à air chaud pour loisirs créatifs) ou simplement avec patience.
  • Fais d’abord ton blending, puis projette quelques gouttes d’eau sur la feuille. Là où elles tombent, des taches claires apparaissent.
  • Tamponne un motif à l’encre à embosser, saupoudre de poudre à embosser transparente ou blanche et chauffe. Fais ensuite ton blending par-dessus et essuie les reliefs avec un chiffon humide. L’encre n’accroche pas sur l’embossage, donc ton motif reste clair.
  • Fais ton blending à travers un pochoir pour un motif qui se fond tout en douceur dans le fond.

Prends l’habitude d’utiliser tes chutes de papier comme feuilles d’essai. Quelques dégradés ratés serviront très bien plus tard pour des tags, des cartes de journaling ou pour y découper des lettres.

Bon à savoir

Sur certains papiers, l’encre à base d’eau reste humide un moment. Laisse bien sécher ton travail avant d’y coller ou d’y tamponner quoi que ce soit. Si tu comptes repasser dessus plus tard avec de l’eau ou un pinceau mouillé, tamponne tes contours avec une encre waterproof, sinon les traits vont baver.

Et surtout : les premières feuilles sont souvent pleines de taches. Ça fait partie du jeu. Après un après-midi d’entraînement, tu sens combien d’encre il te faut et à quel point ta main peut rester légère.

Questions sur ce sujet

C’est quoi le distressing en scrapbooking ?

C’est donner au papier un aspect usé, patiné ou ancien. On peut le faire avec de l’encre, mais aussi en ponçant, en déchirant, en froissant ou en effilochant les bords.

Comment faire du blending d’encre sans taches ni traces ?

Tapote légèrement ton éponge sur l’encreur, commence à côté du papier et travaille par petits cercles légers. Monte la couleur par couches, car la plupart des taches viennent du fait qu’il y a trop d’encre d’un coup sur le papier.

Quel papier utiliser pour le blending d’encre ?

Un cardstock lisse et rigide à la texture dense, de préférence blanc ou très clair. Un papier doux et absorbant, comme du papier d’imprimante fin, boit l’encre tout de suite et laisse des taches.

Quelle différence entre Distress ink et Distress Oxide ?

La Distress ink est une encre à tampon à base d’eau qui reste humide longtemps. La Distress Oxide contient aussi du pigment : elle couvre donc davantage, même sur du papier de couleur, et donne souvent un effet crayeux une fois mouillée.

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