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Conserver · 7 min de lecture

Garder billets, tickets de caisse et coupures de presse en album

Un billet de train, le ticket de caisse de cette glace-là, un bout de journal. Voici comment les coller dans ton album sans qu'ils pâlissent, jaunissent ou abîment tes photos.

Une main tatouée tient deux bandes de tickets numérotés au-dessus de confettis au sol
Photo: Jonathan Cooper · Pexels

Dans un album, les plus belles choses ne sont souvent pas les photos, mais les petits papiers autour. Le billet de ton premier concert, le plan d'une ville où tu t'es perdu, le ticket d'un déjeuner que tu n'oublieras jamais. Ce sont eux qui rendent une page vivante. Seulement, ils n'ont jamais été faits pour durer, et ça se voit au bout de quelques années. Avec quelques habitudes, tu les gardes lisibles et tu protèges aussi le reste de ta page.

C'est quoi, les ephemera ?

Les ephemera (on dit aussi éphémères) désignent tous les petits papiers et objets prévus pour un usage court : billets d'entrée, billets de train, tickets de caisse, cartes postales, dépliants, menus, lettres, faire-part de naissance, étiquettes et coupures de presse. Les scrapbookeuses les collectionnent depuis que le scrapbooking existe. Au XIXᵉ siècle, on remplissait des livres entiers de coupures, de cartes de visite et d'images publicitaires, et dans les archives, ces coupures sont parfois le seul exemplaire qui reste d'un article de journal.

Justement parce que les ephemera sont jetables, le matériau est souvent de qualité moyenne. Du papier bon marché, une encre qui ne résiste pas à la lumière, ou un papier spécial qui s'efface tout seul. Il faut donc les traiter autrement que tes photos.

Pourquoi les tickets de caisse s'effacent

La plupart des tickets de caisse, des tickets de parking et certains billets de train sont imprimés sur du papier thermique. Il n'y a pas d'encre : le papier a une couche qui noircit sous l'effet de la chaleur. Cette même couche réagit ensuite encore à la chaleur, à la lumière, aux frottements et à certaines substances. C'est pour ça que les tickets pâlissent au bout de quelques années, ou au contraire deviennent tout gris ou tout noirs.

Ce qui aide à les garder lisibles le plus longtemps possible :

  • Scanne ou photographie le ticket le plus vite possible, idéalement le jour même. Comme ça, le texte est au moins en sécurité.
  • Colle une impression de ce scan dans ton album, et garde l'original dans une pochette ou une petite enveloppe à côté ou derrière.
  • Tiens le papier thermique à l'abri du soleil et loin de la chaleur, comme une lampe ou un radiateur.
  • Ne le mets pas dans une pochette en PVC. Les plastifiants du PVC peuvent faire disparaître le texte. Choisis des pochettes en polypropylène ou en polyester.
  • Touche le moins possible la face imprimée, surtout avec de la crème sur les mains.
  • N'utilise pas de colle liquide sur le recto et n'écris pas dessus avec un stylo qui appuie ou qui chauffe.

Un ticket presque effacé se lit parfois encore si tu le scannes et que tu pousses le contraste. Fais-le tout de suite : ça ne va pas s'arranger.

Le papier journal et l'acidité

Le papier journal est fait de pâte de bois bon marché, riche en lignine. C'est la substance qui rend le papier acide et le fait jaunir. Une coupure devient jaune et cassante en quelques années, et l'acidité peut passer à ce qui la touche : ton cardstock sans acide, le journaling de la page ou une photo posée contre. Les taches brunes sur la page à côté d'une vieille coupure, on les voit dans beaucoup d'anciens albums.

Tu as deux options, et souvent tu fais les deux :

  • Copier. Fais une photocopie ou une impression de la coupure sur du papier sans acide et colle-la dans ton album. Le rendu est le même, tu peux adapter le format et elle reste blanche. L'original, tu le gardes à part dans une petite enveloppe sans acide ou une pochette.
  • Séparer. Tu veux la vraie coupure dans ton album ? Glisse-la dans une pochette en polyester ou en polypropylène, ou place une feuille de papier sans acide derrière pour qu'elle ne touche pas ta page. Ne la colle pas directement sur ta page et n'utilise pas de ruban adhésif.

Il existe aussi des sprays désacidifiants pour papier, qui peuvent neutraliser l'acidité d'une coupure. Ça ralentit le jaunissement, mais c'est une intervention irréversible et l'effet varie selon le produit. Teste-le d'abord sur un morceau dont tu n'as pas besoin, et confie plutôt une pièce précieuse à un restaurateur.

Billets recto verso, lettres et cartes postales

Beaucoup d'ephemera ont deux faces qui méritent d'être gardées. Une carte postale avec une image et un petit mot, un billet avec la date au dos, une lettre de deux pages. Les coller, c'est perdre une face.

  • Les coins photo tiennent une carte sans colle. Tu peux toujours la retirer pour lire le dos.
  • Une pochette ou un sachet transparent en polypropylène, ouvert en haut, montre les deux faces. Il en existe de toutes les tailles, y compris à coller sur une page.
  • Une petite enveloppe sur ta page, c'est idéal pour les lettres et les petites cartes. Note sur l'enveloppe ce qu'il y a dedans.
  • Un rabat ou une charnière, une bande de papier collée au bord du billet et à la page, permet d'ouvrir le billet comme une page.
  • Dans un album à pochettes, tu peux glisser un billet librement dans une case d'une page à pochettes. Tu vois les deux faces sans que rien ne soit fixé.

Quand c'est possible, retire les trombones, les agrafes et les élastiques de tes ephemera. Le métal rouille et l'élastique devient collant, et les deux laissent des taches.

Les souvenirs épais comme les pièces et les bracelets

Un bracelet de festival, une pièce de monnaie étrangère, un pin's ou un petit coquillage : ils font partie de l'histoire, mais ils sont compliqués dans un album. Les objets durs et épais marquent la page d'à côté, frottent contre les photos et font gonfler l'album, ce qui fatigue le dos.

Ce qui marche bien :

  • Mets les petits objets dans un sachet solide en polypropylène et colle le sachet, pas l'objet.
  • Ne mets jamais de métal directement contre une photo. Couvre les bords coupants avec un bout de papier.
  • Place un objet plus épais de la page d'en face à un autre endroit, pour que deux choses épaisses ne s'appuient pas l'une sur l'autre. Ou mets sur la page d'en face quelque chose de la même épaisseur, comme un morceau de mousse, pour que l'album se ferme à plat.
  • Ce qui peut s'aplatir, comme un bracelet en tissu, tu peux le couper et le ranger à plat dans une pochette.
  • Les objets vraiment épais, comme une pierre ou un bouchon de liège, ont leur place dans une petite boîte à côté de ton album. Une photo de l'objet sur la page raconte l'histoire tout aussi bien.

Les choses périssables, comme des fleurs fraîches ou un bonbon, mieux vaut ne pas les mettre dans ton album. Elles peuvent tacher, coller les pages entre elles et attirer les insectes. Les fleurs séchées et pressées passent mieux, mais elles aussi sont plus en sécurité dans leur propre pochette.

Les grands journaux et les affiches à côté de ton album

Un journal entier du jour de la naissance de ton enfant, une affiche de concert ou une grande carte d'un itinéraire de randonnée : ça ne rentre pas sans plusieurs pliages. Chaque pli est un point faible. Le papier casse au pli, surtout le papier journal acide, et la grosse épaisseur pèse sur le dos de ton album.

Mieux vaut garder la grande pièce à plat, dans une chemise ou une boîte sans acide d'un format adapté, comme l'A3. Dans ton album, mets une petite copie, une photo ou le morceau qui compte, comme le titre ou la date, avec une note indiquant que l'original est dans la chemise. Ton album reste léger et tu as quand même le tout.

Petites habitudes qui aident

  • En voyage, emporte une enveloppe ou un sachet pour tous les petits papiers, pour qu'ils ne se froissent pas dans ton sac.
  • Note tout de suite au dos ou sur un post-it ce que c'est et quand c'était. Dans un an, tu ne t'en souviendras plus.
  • Ne colle rien avec du ruban adhésif, et utilise une colle sans acide et sans danger pour les photos.
  • Scanne les pièces spéciales avant de les utiliser. Comme ça, une erreur de colle ou de ciseaux n'est pas si grave.

Questions sur ce sujet

Comment conserver des tickets de caisse dans un scrapbook ?

Scanne ou photographie le ticket le plus vite possible, colle une impression du scan dans ton album et garde l'original dans une pochette en polypropylène ou en polyester, à l'abri du soleil et loin de la chaleur. Évite le PVC, car ses plastifiants peuvent faire disparaître le texte.

Pourquoi les tickets de caisse s'effacent-ils ?

Les tickets de caisse sont le plus souvent imprimés sur du papier thermique, avec une couche qui noircit sous l'effet de la chaleur. Cette couche réagit ensuite aussi à la chaleur, à la lumière, aux frottements et à certaines substances, ce qui fait pâlir le texte.

Comment conserver une coupure de journal sans abîmer le reste ?

Colle une copie sur papier sans acide dans ton album et garde l'original à part dans une enveloppe ou une pochette. Si tu veux la vraie coupure dedans, glisse-la dans une pochette en polyester ou en polypropylène, ou place du papier sans acide derrière.

Que faire des souvenirs épais ou des grands journaux ?

Mets les petits objets dans un sachet solide et colle le sachet. Les objets vraiment épais se gardent dans une petite boîte à côté de l'album, et un grand journal à plat dans une chemise ou une boîte sans acide, avec une petite copie ou une photo dans l'album.

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